Psychogénéalogie : intégrer ses racines

06/04/2019

Pour qu'un être s'élance vers son accomplissement, il lui faut des racines solides, à la mesure de son désir d'élévation. Ces racines s'accrochent dans notre terre familiale. Mais il est si difficile d'atteindre puis de se libérer des blessures et des obstacles de la lignée familiale dont nous avons hérité. Cela exige une énergie considérable pour lutter contre un pouvoir souvent involontaire, mis en place depuis des générations : secrets, non-dits, interdictions... Tout ce qui permet de garder l'image de la famille intacte. Et d'être conforme aux rôles préformatés dans lesquels nous nous sentons enfermés... Pour ne pas tenter l'inacceptable : devenir soi.

C'est Anne Ancelin Schützenberger, psychothérapeute, enseignante et chercheuse qui crée cette discipline dans les années 80. Le livre best-seller, « Aie mes aïeux », fait connaître la psychogénéalogie au plus grand nombre. En identifiant les dynamiques familiales transgénérationnelles, la psychogénéalogie nous autorise à poser un autre regard sur notre héritage.

Ce travail permet de prendre véritablement notre place, de façon plus libre et consciente. Nous sortons enfin des rôles dans lesquels nous étions enfermés, sans avoir à reproduire les scénarios de nos ancêtres. Car pour se transformer et accéder à de nouvelles perspectives, encore faut-il être conscient des origines de nos difficultés. On ne peut changer ce qui est inconnu à notre conscience.

Le but de la psychogénéalogie ? Nous aider à "guérir" notre arbre généalogique

La psychogénéalogie nous fait donc prendre conscience de cette histoire familiale, de ses répétitions, de cet inconscient qui nous "colle" à une place et nous retient dans une destinée toute tracée. 

Au fond de nous-mêmes, nous savons, même ce qui n'a jamais été dit. Car, à chaque naissance, l'histoire se transmet. Tout ce qui a été mal ou non exprimé, non digéré, inachevé, peut se dire, bien des générations plus tard, à travers des somatisations et des maladies, des accidents, des répétitions inconscientes autour de dates anniversaire qui font écho à un événement lointain.

Nous portons tous une histoire généalogique à l'intérieur de nous. Le fait de la coucher sur du papier et de la "parler" nous permet de prendre de la distance et enfin voir ce que nous ne pouvions discerner autrefois. C'est tout un monde de personnages, d'histoires, de répétitions, de rôles, de déterminants négatifs, mais aussi de ressources possibles qui s'anime face à nous.

Tous ces éléments vont donner du sens, éclairer notre parcours et notre identité de nouvelles compréhensions, de nouveaux possibles, et nous transformer. C'est comme soulever les multiples pièces de notre histoire, pour donner à notre vie une perspective à trois dimensions. Et lui offrir profondeur, volume et densité.

C'est aussi s'inscrire dans une historicité, intégrer et accepter notre place, avec nos limites et nos forces. Tout en acceptant celles de ceux qui nous ont précédés. 

La psychogénéalogie nous aide, en quelque sorte à faire la paix avec nos ascendants et notre histoire. Et devenir véritablement ce que nous avons envie d'être.

Notre histoire, évidemment, reste notre histoire, avec ses zones douloureuses. Mais nous avons la possibilité de l'éclairer d'une autre manière, lui donner un nouveau sens qui cette fois-ci, nous élève, nous permet d'incarner la place que nous choisirons librement. En devenant co-créateur de notre histoire et non plus victime.

Ce travail en psychogénéalogie nous donne accès aux réparations possibles. Il nous conduit à ériger et intégrer en nous "l'arbre positif" : un socle nouveau et solide pour accrocher nos racines, notre appartenance. 

Nous nous réapproprions alors une terre dans laquelle nous nous sentons "chez nous".